Aidez-moi !

 

 

 

 

Mon geste est machinal. J'attrape le premier spectateur et me glisse derrière lui. Celui-ci, qui s'apprêtait à fuir pousse des hurlements de panique et se débat dans tous les sens. Quelle voix aigüe insupportable ! Je réalise, stupéfait, que ce n'est qu'un enfant, âgé d'à peine huit ans. Je sens alors un gros coup de poings dans la tempe. C'est sa mère, à la fois furieuse et indignée par mon geste, qui s'empresse de libérer son fils en me bombardant d'insultes et de discours moralisateur.

De toute façon, je réalise que le serpent se fiche complètement du gosse. C'est bel et bien après moi qu'il en a. Il ne semble pas non plus ennuyé par les nombreux pieds agités qui manquent de le piétiner à chaque fois.

Bloqué par la foule paniquée, je mets trop de temps à atteindre la sortie. Le serpent m'attrape, s'enroule autour de mon cou. Je suffoque. Je sens le sifflement de sa langue proche de mon oreille. Et soudain, ses crocs se plantent dans mon cou. J'aperçois la danseuse, immobile sur scène, qui m'observe les yeux écarquillés, alors qu'un timide rictus se dessine sur ses lèvres.

Sérieux ?

Je pousse un râle de douleur, avant de me laisser envahir par une brume de plus en plus épaisse, noire, étouffante... Je me sens partir. Loin, très loin...

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