Je m'en vais

 

 

 

Je la salue, un peu tremblant, mais tentant de conserver un semblant d'assurance ; et je me casse d'ici en vitesse.

Dehors, tout a l'air d'aller bien, c'est calme. Mais il fait beaucoup plus chaud. Il sera bientôt dix heures, alors autant que je me rapproche du stand de tir à l'arc. Je déambule dans les allées délimitées par une ribandelle de stands de jeux, entre pêche à la ligne, machines à jeton, stand de tir, chamboule-tout, etc. Les chemins se noircissent de monde, notamment de jeunes adolescents. Les familles avec enfants arriveront certainement dans l'après-midi.

C'est alors que j'aperçois une vieille femme, assise sur un banc sous un barnum. Elle a l'air vraiment triste, comme si on l'avait abandonnée. Je m'arrête et m'apprête à venir lui parler. C'est comme ça, je ne supporte pas voir les personne seules, isolées, tristes... Encore moins lorsqu'il s'agit de mamies !

- Allez jeune homme ! Pour 4 euros, si vous dégommez tous les fantômes, vous gagnez le lot de votre choix. 

La voix de ce forain m'extirpe de mes pensées. Je n'avais pas fait attention, mais je me suis arrêté pile devant son stand. Je hausse les épaules, puis je lui tends un billet de cinq euros. Il me rend la monnaie et je me saisis de la carabine. J'enchaîne les tirs, j'enchaîne les points. Je suis doué, c'est comme ça, je n'y peux rien.

- Combien pour ce truc, là-bas ? interrogé-je, confiant.

- Euh... 200 points, m'avertit-il visiblement désapointé par mon talent. 

Ainsi soit-il ! Tant pis, je n'avais pas prévu ça. Je lui file deux autres billets et j'enchaîne à nouveau les tirs de carabine. Et évidemment, j'enchaîne de nouveau les gains de points ! A la fin, ce dernier me fixe et me tend mon cadeau. Il m'offre un sourire faux, me félicite d'une voix pincée. Je sens qu'il aimerait bien m'étriper sur place. Je peux le comprendre, mais j'ai l'intuition que cela n'a aucun lien avec le jeu.

Je récupère mon dû, avant de me diriger vers la vieille dame prostrée sur son banc, seule.

- Bonjour, tenez, je vous l'offre, la salué-je en lui donnant l'énorme ours en peluche.

Je crois, à cet instant, que jamais je n'oublierai son regard. Cette étincelle naissante, puis soudainement explosive, faisant jaillir une telle lumière de bonheur... Non, je ne pourrais jamais l'oublier. Elle pleure. Elle pleure de joie, elle pleure d'un trop plein d'émotions. Enfin, elle me prend dans ses bras.

Je lui explique que pour moi, c'est normal. Aucune personne ne devrait être privée d'amour... Même les plus méchantes, car ce sont du manque d'amour que les plus méchantes personnes naissent. Si tout le monde s'aimait vraiment, alors peut-être que le monde se porterait mieux.

Soudain, j'aperçois le couple d'adolescents. Celui qui avait quitté la tente de la voyante en pleurant. Celui à qui on avait prévu un avenir... de mort.

 

 
 

 

1

Elle a besoin de parler

Je reste quelques minutes pour discuter avec la vieille dame. Je les retrouverai après.

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2

Il faut que je parle à ces ados !

Je dis au revoir à la vieille dame et suis le couple.

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