Je reste hyper concentré !

 

 

 

 

Mon arc et ma flèche sont préparés, mais orientés vers le sol par sécurité. Je surveille la dame qui semble de plus en plus instable. Enfin, elle se concentre, fixant la cible (et pas assez ses doigts à mon goût), mais paraît toujours dérangée par quelque chose sur son épaule.

Soudain, elle s’agite en pestant :

- Mais putain, lâchez-moi !

Elle vire de côté, orientant inconsciemment sa flèche en direction du couple occupé à recharger. Elle relache la pression de ses doigts, laissant l'objet fuser sur une nouvelle cible non préparée : le garçon. 

- Noooon ! crie-t-elle.

La flèche s'arrête entre ma main, devant le visage liquifié du jeune homme qui, je crois, vient de faire dans son pantalon.

- Comment... comment as-tu fait pour... ? bégaie-t-il d'une voix fluette.

- Je suis resté sur mes gardes, répliqué-je en fixant la femme totalement retournée par l'homicide qu'elle a failli provoqué.

Elle fond en larme, faisant tomber son arc.

- Mais tu étais de l'autre côté, analyse sa copine en prenant son chéri dans ses bras. Comment tu peux être aussi rapide ?

- Je n'en sais rien, je pense plutôt que vous ne m'avez pas vu me rapprocher petit à petit. C'est normal, vous étiez occupés à recharger.

- Je suis désolée, je suis tellement désolée ! gesticule la femme en accourant vers le garçon encore choqué, comme la plupart des témoins ici présents.

Le forain s'est tout de suite dépêché d'intervenir et de la réprimander. Il l'accuserait presque de l'avoir fait exprès. Pourtant, cette dernière riposte :

- Mais je n'y suis pour rien ! Enfin... comment expliquer. Il y a quelque chose qui n'arrêtait pas de me toucher l'épaule et de souffler dans mon oreille derrière moi ! Ça m'a déconcentrée.

J'entends la copine de l'adolescent murmurait " menteuse " avec une haine montante. Mais moi, je la crois, cette aguicheuse. J'ai bien vu qu'elle semblait perturbée par un truc... invisible. Je remarque également, qu'après avoir écouté ses arguments, le forain se détend aussitôt. Son air punitif laisse place un air très surpris, mais presque apaisé.

- Très bien, au moins ce n'est pas le matériel, c'est déjà ça. Passons, personne n'est mort, c'est le principal. (Il me fixe) Ouais... c'est le principal.

Je comprends immédiatement que ce forain-là, aussi, cache quelque chose. Alors que les deux jeunes me remercient, que je me contente d'écouter les éloges à mon égard qui prolifèrent autour de moi, je le dévisage moi aussi. Enfin, il daigne m'approcher pour m'adresse la parole :

- Bravo à vous, impressionnant, mumure-t-il à mon oreille. Serait-il possible de nous entretenir, un instant, seulement cinq minutes ?

 

 
 

 

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J'accepte.

Bah je vois que c'est l'unique proposition, alors... je n'ai pas vraiment le choix. Cela annonce quoi, exactement ?

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